Economie sociale et solidaire et réinsertion des détenus en fin de peine au programme de la seconde webconf’ organisée pour les salariés de RTE

Retour sur cet échange qui a réuni une cinquantaine de salariés de RTE !

En moyenne, 61% des personnes incarcérées en France récidivent dans les cinq années suivant leur sortie de prison. Ce chiffre illustre l’enjeu de la réinsertion sociale des détenus, en particulier dans un système carcéral sujet à la surpopulation.

Si un nombre croissant de structures d’intérêt général s’emparent de cette problématique, les leviers de réinsertion des détenus en fin de peine restent bien souvent méconnus. Il n’est pas aisé de répondre à la question : quel « sas » construire entre la prison et la liberté pour garantir une réinsertion sociale pérenne ?

Pour mieux comprendre comment les structures de l’ESS se mobilisent face à ce sujet, la Fondation RTE a invité Isabelle Verrecchia, Déléguée Générale de la Fondation M6 et directrice de l’engagement du Groupe M6 et Marion Barreau, en charge des programmes d’accompagnement à destination de structures de l’ESS en consolidation et en développement au sein de l’association Ronalpia – précédemment soutenue par la Fondation RTE – à échanger avec la cinquantaine de salariés de RTE connectés pour l’occasion.

 

La Fondation M6, entre actions de terrain et plaidoyer

 

Dès sa création en 2013, la Fondation M6 se positionne sur les problématiques de réinsertion des détenus en fin de peine.

Ce positionnement se retrouve dans un premier temps dans les actions de terrain qu’elle mène en faveur d’un enjeu capital, celui de la lutte contre la récidive. Comme l’explique Isabelle Verrecchia, la sortie définitive de la délinquance présente un double intérêt : d’un côté, la réinsertion dans la société synonyme de liberté pour les ex-détenus ; de l’autre, la baisse de la pression carcérale qui bénéficie à l’ensemble de la société (pour rappel, la détention a un coût : 100 euros par jour et par contribuable).

La sortie définitive du schéma de délinquance tient également à la participation de ces deux parties : la détermination d’un détenu en fin de peine à se réadapter à un mode de vie passé, mais également la capacité de la société à le réintégrer en son sein. La seconde raison d’être de la Fondation M6 prend ici tout son sens : à travers ses actions de plaidoyer, qui visent à valoriser les alternatives à l’incarcération, elle participe à la mobilisation du monde économique sur l’emploi des personnes ayant connu un épisode carcéral. Et ce au sein même de son entreprise fondatrice : plusieurs ex-détenus évoluent déjà dans des fonctions clés du groupe M6.

Découvrez ici en images le quotidien des détenus en fin de peine au sein de la ferme de Lespinassière, un projet également soutenu par la Fondation RTE.

 

Ronalpia et le programme Act’ice : sensibiliser à l’importance et aux moyens d’agir dans le secteur carcéral

 

Depuis 2013, Ronalpia détecte, sélectionne et accompagne gratuitement des entreprises sociales en Auvergne Rhône-Alpes. Soutenue en 2018 par la Fondation RTE, l’association Ronalpia a accompagné pas moins de 412 entreprises de sa création à la fin de l’année 2020.

En 2019, Ronalpia créé le programme Act’ice de sensibilisation des entreprises sociales aux moyens d’agir dans le secteur carcéral, des potentialités d’actions qui demeurent obscures pour de trop nombreux entrepreneurs. Expérimenté localement avant d’être déployé en 2020, ce programme prend la forme d’une boite à outils de découverte du milieu carcéral, par exemple grâce à des procédures de parrainage des entrepreneurs sociaux par des membres de l’administration pénitentiaire.

18 structures ont ainsi été accompagnées depuis 2019, à l’image du projet « Les Beaux Mets » qui consiste en l’ouverture d’un restaurant semi-gastronomique tenu par des détenus en fin de peine directement au sein de la prison des Baumettes à Marseille. In fine, Ronalpia souhaite construire un réseau solide d’entreprises sociales sur lequel le secteur de la justice pourra s’appuyer pour penser sa politique carcérale.

 

Depuis 2017, la Fondation RTE soutient trois structures de ce type : la Ferme de Moyembrie, les fermes Emmaüs Lespinassière et Emmaüs Baudonne.