La Ferme de Moyembrie, dynamisme et solidarité en temps de crise

Le premier confinement déployé au printemps a renforcé la tendance au « consommer local », donnant la part belle aux fermes et exploitations maraichères françaises. Dans la petite commune de Coucy-le-Château-Auffrique, située dans l’Aisne, l’année 2020 s’est révélée pleine de défis pour la Ferme de Moyembrie.

Depuis plus de 15 ans, l’association La Ferme de Moyembrie accompagne les détenus en fin de peine du Nord de la France dans leur parcours de réinsertion sociale et professionnelle grâce à ses activités d’élevage et de maraichage.

Noémie Larose-Binet, marraine du projet, accompagnée de Marie Mondoloni, Chargée de mission à la Fondation RTE et Patrick Assailly, instructeur de la Fondation, se sont rendus sur place le 27 octobre dernier.

Un bilan plus que positif …

Soutenue en 2016 par la Fondation RTE, la Ferme de Moyembrie avait pour ambition de renforcer son offre de réinsertion et d’étendre ses activités sur le territoire de l’Aisne. Une mission réussie haut-la-main pour l’association : en 2020, 6 AMAP (3 locales et 3 situées en région parisienne) bénéficient désormais de la production de la ferme, qui livre entre 130 et 150 paniers par semaine.

Sur le plan humain, 20 à 50 résidents se succèdent à la ferme chaque année, majoritairement des détenus en fin de peines lourdes mêlés à d’autres salariés en insertion du département. A première vue, cet important turn over des résidents de la ferme peut paraitre déconcertant. Pourtant, il est révélateur du succès de l’association dans sa mission de réinsertion : comme nous l’expliquent ses 2 co-présidents, après 10 mois passés à la ferme les salariés commencent généralement à trépigner et souhaitent reprendre rapidement une vie normalisée. Parmi eux, Olivier fait figure d’exception : ancien résident de la ferme, il a choisi quant à lui d’y prolonger son séjour en rejoignant l’équipe des encadrants. Ce succès s’inscrit dans le bilan général très positif des projets de réinsertion des détenus, salué par le ministère de la Justice.

malgré la crise

« Mise sous cloche » lors du premier confinement, la ferme a vu la cadence de son fonctionnement réduite. D’une fourmilière de 17 résidents, 9 encadrants et une cinquantaine de bénévoles, elle a été réduite à la présence des encadrants et de seulement 7 résidents (les nouvelles arrivées étant retardées) pour assurer la gestion des 4000 m² de serre et des 23 hectares d’exploitation ainsi que la production de fromage de chèvre.

Si les conséquences de la crise devraient se ressentir dans la composition des paniers d’hiver, l’année 2020 a permis de renforcer l’ancrage de la Ferme de Moyembrie dans le tissu social local. En plus de la solidarité des amapiens, qui se sont déplacés en masse pour aider au désherbage de la ferme, l’association peut désormais compter sur la Communauté de communes avec qui elle a commencé à travailler en étroit partenariat.