Transition agricole et alimentaire à l’honneur pour la première conférence distancielle organisée par la Fondation RTE pour les salariés de son entreprise

RTE a lancé une série de conférences destinée aux salariés de l’entreprise en cette période de confinement.

Jeudi 1e octobre avait lieu la première organisée par la Fondation RTE. A l’honneur : les enjeux de transition agricole et alimentaire, un sujet propulsé sur le devant de la scène avec le vote de la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) de l’Union Européenne, qui a donné lieu à de multiples tribunes et prises de parole en faveur d’une relocalisation de l’alimentation nationale et d’une agriculture plus durable et justement rémunératrice des agriculteurs.

L’occasion de dresser un état des lieux des initiatives existantes avec deux Fondations amies qui travaillent en ce sens : la Fondation Avril représentée par Catherine Bureau, Directrice déléguée et la Fondation Daniel et Nina Carasso, représenté par Guilhem Soutou, Responsable de l’axe Alimentation Durable. Retour sur ces échanges suivis par près de 80 salariés de RTE.

Les dangers des idées-reçues au sujet de la transition agricole

Définir précisément l’agriculture durable n’est pas tâche facile. De nombreux modèles se disent de l’agriculture durable : agriculture biologique, agroécologie, permaculture, micro-fermes, circuits-courts … Un large panel de pratiques avant-gardistes donc, au cœur des débats publics cette année dans le contexte du vote de la PAC mais également de la première Convention Citoyenne pour le Climat en France.

Pourtant, la majorité des agriculteurs ne sont pas familiers de ces nouveaux modèles. Catherine Bureau le rappelle : en 30 ans, la France a vu le nombre de ses exploitations agricoles passer de 700 000 à 400 000 aujourd’hui. Des exploitations plus grandes donc, qui renforcent l’isolement des agriculteurs et alourdissent la contrainte des enjeux environnementaux liés à leur activité.

Le premier pas à faire est clair : il faut accompagner les agriculteurs dans une transition douce vers la combinaison de ces nouveaux modèles en prenant en compte les singularités de chaque exploitation et de chaque territoire, autrement dit déconstruire l’idée reçue qu’il existe un modèle universel de transition agricole avec ses « bonnes pratiques ». La Fondation Daniel et Nina Carasso travaille par exemple à la mise en relation d’agriculteurs traditionnels avec leurs homologues plus aguerris en agro-écologie, afin de faire sauter les barrières techniques et les préjugés sur ce modèle économique.

Le tissu social du territoire, clé de voûte d’une transition douce mais pérenne

Une transition agricole efficace repose également sur l’inscription des agriculteurs dans leur territoire.

Pour Catherine Bureau, il est essentiel que les agriculteurs dialoguent avec l’ensemble des acteurs sur leur territoire afin de retrouver confiance en leur rôle dans la réponse aux attentes locales. Pour cela, la Fondation Avril porte l’appel à projet Territoires à agriculture positive, pour fédérer des groupes d’acteurs variés (agriculteurs mais aussi parcs régionaux, syndicats mixtes …) dans des collectifs pérennes, autour de projets soutenus pendant 3 ans.

Pour Guilhem Soutou, la transition ne se fera pas sans le changement des modes de consommation, c’est pourquoi la Fondation Carasso attaque « de front » l’ensemble de la filière agricole pour permettre l’accessibilité des produits de bonnes qualités à tous les consommateurs, y compris les plus démunis. Il en est persuadé : c’est seulement en travaillant à l’échelle territoriale qu’il est possible de revoir des modèles économiques dans leur ensemble, à l’image de l’accompagnement du collectif d’acteurs de la Biovallée dans la Drôme, qui a permis de passer de 10% à 60% d’aliments biologiques dans les cantines locales en 1 an et demi.

 

La Fondation RTE accompagne également les transitions agricoles et alimentaires des territoires ruraux en soutenant les initiatives qui émergent en réponse à ces défis.